Science, Non-science, Non-sens et Malveillance dans l'Univers Végétarien

Stanley M. Sapon, Ph.D.

Partie Deux de Trois
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LES VOIES DU SAVOIR : NON-SCIENCE

Depuis les temps anciens les humains se sont demandés « comment nous savons » et, il existe une branche vénérable et respectée de la philosophie -l'épistémologie- qui étudie la nature de la connaissance, ses présuppositions et ses bases, son étendue et sa validité. Platon a cru que la connaissance résidait dans le cerveau, mais son disciple, Aristote, considérait le cœur comme étant le siège de la connaissance. Mises à part les questions « d'emplacement », la compréhension des phénomènes naturels selon Aristote dépendait de l'observation et de la logique et ses perspectives philosophiques ont établi la base de la méthode scientifique moderne. Plus tard, d'autres penseurs comme Maïmonide et Saint Thomas d'Aquin tâchèrent d'incorporer des éléments de foi et d'intuition dans la perception de la vérité et l'acquisition de la connaissance.

Nous franchissons ici les frontières du domaine où la méthode scientifique est primordiale et nous nous déplaçons vers d'autres domaines où les règles de la « science » ne prévalent pas. Bien que nous pourrions correctement identifier ces domaines des « Domaines de Non-Science », il nous faut garder à l'esprit que « Non-Science » ne signifie pas « Anti-Science.»

Bien que les tenants de chaque domaine poursuivent la connaissance et la vérité - et même la beauté - leurs définitions et leurs méthodes ne sont pas identiques, et les exigences mêmes des énoncés et des « Règles de Recherche » sont différentes. On trouve dans leur vocabulaire une importante et considérable différence entre domaines: des mots qui sont proscrits aux scientifiques dans la performance de leurs travaux s'avèrent des mots obligatoires aux usagers d'autres domaines - des mots comme valeurs, éthique, justice, pardon, conscience et compassion.

De même, il existe des établissements spécialisés dans l'étude de la Philosophie de la Science, la Philosophie de la Jurisprudence, la Philosophie de l'Education, et la Philosophie de la Religion. Le vocabulaire des jugements et des opinions inclut des termes comme vrai et faux, propre et impropre, ainsi que des mots qui réfèrent aux émotions tels bonheur, peine, regret, remords et honte. Il y a des centaines de mots qui reflètent des nuances subtiles de sentiments, tels espoir, gratitude, respect, de même qu'un dictionnaire complet de mots qui n'ont absolument pas de place dans le lexique de la méthode scientifique. Ils appartiennent au domaine de la grande majorité des gens: philosophes, poètes, lettrés et manuels, ceux qui peignent des portraits ou ceux qui peinturent des granges, saints et pécheurs, riches et pauvres.

Lorsque quelqu'un est parfaitement convaincu qu'il n'y a qu'une seule façon correcte d'atteindre un but noble, et qu'il n'existe qu'une seule sorte de connaissance qui importe, le but noble est dangereusement compromis. Si la persuasion est un élément clef de la stratégie, essayer d'écrire les lettres d'un message en majuscules et caractères gras, en pressant très fort, cassera la mine du crayon, et le message sera perdu. Un crayon aiguisé peut aussi servir d'arme pouvant infliger de la douleur à ceux qui essaient d'atteindre des buts parallèles.

Il y a d'autres voies du savoir, des voies qui dépendent d'autres aptitudes humaines. Les qualités mêmes de compassion, d'empathie et d'émotion, dont la présence dans une recherche scientifique pour la vérité altérerait ses résultats sont les qualités même qui donnent l'étincelle et l'énergie pour mener une campagne visant à mettre fin à la violence et à soulager la souffrance - animale ou humaine.

La Quatrième Dimension

Il y a encore une quatrième dimension à la connaissance - une dimension qui requiert d'autres capacités humaines. Cette quatrième dimension s'appelle « sagesse » et consiste en quelque chose qui se situe au confluent des « faits », des « sentiments », des « valeurs » et du « jugement. » La sagesse, c'est ce qui fait défaut lorsque nous nous demandons comment il se fait qu'une personne intelligente et bien informée puisse parfois commettre des folies. Et la sagesse, c'est aussi ce que nous observons lorsqu'une personne simple, sans instruction ni diplôme, dit ou fait quelque chose qui éclaire un aspect d'une situation auquel nous n'avions pas songé ou offre une rare perspicacité qui soulève les consciences d'agréable façon.

Il serait déraisonnable d'insister pour se demander si une dimension est meilleure ou plus importante que les autres. Si nous préparons un potage et des sandwiches pour le repas, qu'est-ce qui est le plus important, le couteau ou la cuillère ? Vous ne pouvez pas manger de potage avec un couteau et vous ne pouvez pas non plus trancher de pain avec une cuillère.

Difficiles Questions

Dans quelles circonstances quelqu'un peut-il demander: « Est-il vrai que les radiations nucléaires rendent malades ceux qui habitent aux environs d'une centrale électrique qui surchauffe? » « Est-il incorrect d'arracher les ailes d'un papillon? » « Est-il juste que des enfants tombent malades et meurent par manque de nourriture? » « Si on lui tranche la gorge, un poulet saignera jusqu'à la mort. Est-il correct de trancher la gorge d'un poulet… d'une centaine de poulets …de 9 millions de poulets? » « Est-il moral de refuser des soins médicaux à un enfant dont les parents n'ont pas accès à l'assurance-santé? » Et plus encore. « Est-il incorrect que l'Etat tue une personne ayant commis un crime? » « Est-il moral de tuer un taureau pour le plaisir d'une audience qui a défrayé un coût d'entrée? » « Le concept des Droits de l'Homme est-il valable? … Et celui des Droits Civils?…Et des Droits des Animaux? » « Les sans-emploi qui ne paient pas d'impôt devraient-ils avoir le droit de vote? » « Est-ce que seuls les gens d'intelligence normale devraient avoir le droit de se marier… d'avoir des enfants? » « Que devrions-nous faire des enfants nés avec de sévères difformités ?… les soumettre à l'euthanasie… les utiliser comme sources pour des greffes d'organes? »

Répondre à de telles questions est d'une importance primordiale pour un grand nombre d'êtres vivants. Mais aucune de ces questions n'est susceptible d'obtenir de réponse à travers l'application rigoureuse de la méthode scientifique.

Déterminer qui détient les réponses aux questions qui nous préoccupent le plus peut être résolu sans grand conflit si nous nous rappelons d'adresser nos questions au bon département. Je garde en mémoire le conseil émis par un médecin avisé à l'occasion de la Summerfest de la NAVS: « Ne demandez jamais à un coiffeur si vous avez besoin d'une coupe de cheveux. » On peut se servir de cela pour la suite en se rappelant qu'il ne serait pas sage de demander à un scientifique de se prononcer sur une question d'esthétique, d'éthique, de valeurs ou de priorités sociales, pas plus que nous devrions demander à un philosophe, à un poète… ou à un barbier de questions sur la prévention ou les causes des anomalies congénitales.

NON-SENS

Nous avons beaucoup parlé de la connaissance, des faits, des principes, des valeurs. Nous avons pris soin de ressortir quelques-unes des principales différences entre l'étroitesse des balises de la perspective « scientifique » de ceux qui demandent Comment, et la marge beaucoup plus large de l'approche générale de ceux qui demandent Pourquoi. Autant pour la connaissance. Qu'en est-il de l'habileté à prendre des décisions judicieuses, à exercer un bon jugement?

Comment ferons-nous pour établir la différence entre un choix raisonnable et un choix insensé ? Est-ce une question pour un scientifique, ou pour un philosophe ? Ou pour tous les deux? Ou pour ni l'un ni l'autre?

Comment faisons-nous la différence entre « Sens » et « Non-Sens? » Puisqu'il y a quelque chose comme le « sens commun », y a-t-il aussi un « non-sens commun? » Y a-t-il du non-sens parmi la communauté végétarienne?

Le non-sens a sa place bien méritée au Hall de l'Humour avec les Limericks d'Edward Lear dont voici ma « concoction » vegane personnelle:

J'ai vu un jour un homme de la Planète Manger sa soupe avec une fourchette. « Bien que je sache que ce ne soit pas la bonne façon, » Donna-t-il pour explication, « Je terminerais autrement bien trop vite. »

Le non-sens peut parfois être si insensé qu'il en est risible. C'est parfait, si son but est simplement d'amuser. Parfois le non-sens peut éclairer la sottise sociale ou politique, comme le fait Lewis Carroll dans De l'Autre Côté du Miroir ou dans Alice au Pays des Merveilles, ou comme Gilbert et Sullivan dans leur satire du système des classes anglais, ou Groucho Marx à travers ses bouffonneries tellement dingues, dans le rôle du dr. Hugo Hackenbush, démolissant le pompeux de la profession médicale.

NON-SENS LINGUISTIQUE

Toutefois le non-sens présenté en tant que pensée sérieuse peut aussi revêtir la forme de déclarations absurdes, sottes, stupides ou idiotes. Il devient même davantage trompeusement destructeur quand il se revendique le prestigieux produit de la « recherche scientifique. »

Oui, il y a maints exemples de non-sens parmi les plaidoyers de la cause végétarienne tout comme il y en a inévitablement dans toute cause qui cherche à persuader les gens de penser et agir de façon nouvelle ou de manière non conventionnelle. Une forme de non-sens consiste à user du procédé de « re-nommer » une activité ou une chose à l'aide de « nouvelles définitions. » Un exemple en est celui dans lequel une « nouvelle définition » est adaptée à un syllogisme imparfait: « L'avortement est un meurtre. J'ai subi un avortement. Donc, je suis une meurtrière. » Ceci présente aussitôt quiconque appuie le libre-choix d'une femme de ne pas enfanter comme se faisant le complice d'un meurtre. Des slogans comme « Viande égale meurtre » prennent la même tournure: si vous n'êtes pas un meurtrier, cessez de manger de la viande. « La fourrure est un meurtre » et ainsi de suite. Les gens sont très inconfortables à l'idée de se voir comme des meurtriers, alors le « meurtre » est grandement utilisé dans l'arsenal des activistes militants.

D'un point de vue comportemental, en plus d'être manifestement insensé, il est facilement prévisible que de dire aux gens qu'ils sont des meurtriers ne générera aucun sentiment bienveillant d'affinité morale avec ceux qui déclarent et dénoncent leur comportement comme étant ignoble.

NON-SENS AU NIVEAU SANTE

Les grandes tirades radicales et prometteuses sont une autre forme de non-sens provocateur. Nous avons tous lu des déclarations: «Les végétaliens ont un taux de cholestérol très bas et les médecins affirment que les personnes ayant un taux de cholestérol peu élevé n'ont pas de crises cardiaques.» L'affirmation est-elle vraie? L'affirmation est-elle complète? Pouvons-nous compléter le syllogisme: « Je suis végétalien. J'ai un taux de cholestérol bas. Donc je ne peux avoir de crise cardiaque » ?

La déclaration complète fût faite par le dr. William Castelli dans le contexte de ses conclusions dans le cadre de l'Etude Framingham - une étude à long terme portant sur les antécédents des attaques cardiaques, effectuée à Framingham dans le Massachusetts. Il déclara :

« En 35 ans, nous n'avons jamais vu à Framingham d'attaques cardiaques sur qui que ce soit ayant un taux de cholestérol inférieur à 150. Les trois quarts des gens qui vivent en ce coin de pays n'auront jamais d'attaque cardiaque. »

Est-il prudent de conclure que le cholestérol soit la seule mesure en corrélation avec les attaques cardiaques? Est-il prudent de conclure qu'un taux de cholestérol peu élevé vous garantisse l'immunité contre les attaques cardiaques?

Si un végétalien démontrant un bas cholestérol souffre d'une attaque cardiaque, est-ce que le pronostic de survie et de réhabilitation seront le même que pour un omnivore souffrant d'embonpoint et ayant un historique de consommation de gras saturés, de sucre et un cholestérol élevé?

Une partisane du végétalisme ayant vécu pendant 15 ans d'une alimentation à base de plantes subit une attaque cardiaque. Cette crise cardiaque déprécie-t-elle sa « cause », invalide-t-elle les bénéfices reconnus d'un mode de vie vegan, et transforme-t-elle toutes ses années de militance en « propagande » qui véhicule des faussetés ?

Présenter un « risque peu élevé » en « aucun risque » est un non-sens, et nuît clairement tant au conseiller en santé qu'à celui qui reçoit le conseil.

Que peuvent faire les membres réfléchis de la communauté végétarienne pour diminuer la probabilité de la militance contre-productive? Nous pouvons communiquer nos inquiétudes aux associations que nous supportons, et les presser d'abandonner des prémisses -et des promesses- qui sont scientifiquement indéfendables, philosophiquement et logiquement faibles, insensibles et cruelles, ou simplement insensées.

QUE POUVONS-NOUS FAIRE?

Pour plus d'efficacité cependant, nous pouvons faire en sorte de mettre l'accent sur les aspects positifs du choix de notre mode de vie. Nous devons nous appuyer sur des faits et des opinions indiscutables, et nous assurer que nous ne présentons pas les probabilités comme des prédictions de meilleure santé. Laissons le Conseil Laitier vivre avec les conséquences de ses mensonges en prétendant que le lait de vache apporte une santé florissante, un teint épanoui et une forte ossature à tous les êtres humains. Nous ne devons pas recourber la vérité en affirmant que le lait de soya est la réponse parfaite aux besoins nutritifs ou aux problèmes de chaque être humain.

Il y a un risque sérieux dans la dépendance « d'études » basées sur des statistiques prometteuses de meilleure santé. Le triomphe populaire d'aujourd'hui de l'aspect santé peut devenir le fiasco de demain -des persuasions basées sur une « preuve scientifique » que les régimes à haute teneur en fibres confèrent l'immunité contre le cancer du côlon, que les fèves soya ou les produits à base de soya sont la panacée à chaque problème de santé de l'homme, ou que « les Crises Cardiaques n'Arrivent Presque Jamais aux Végétariens » sont à la merci « d'études » entreprises par une armée « d'experts en nutrition. » Il nous faut nous rappeler que les arguments qui dépendent de conclusions basées sur des statistiques peuvent périr sous les conclusions basées sur les statistiques de « Nouvelles Etudes. »

Le non-sens se transforme purement et simplement en menace de mort entre les mains d'inventeurs de nouvelles diètes pseudo-scientifiques comme les « Paléolithique », les « Zone »,« Types Sanguins » et compagnie. Nos meilleures lignes de défense dans ce domaine sont des articles comme ceux du Dr. Michael Klaper, dont « Blood Type Diet Debunked », un écrit brillamment lucide dont vous trouverez le lien à la fin de cet article.

En somme, alors que l'amplification des avantages du végétarisme peut obtenir l'effet inverse, l'attaque d'une campagne de recherche pour inexactitudes et l'accusation de ses auteurs en tant que parfaits menteurs est encore plus préjudiciable. Un tel comportement irresponsable ne sert tout simplement qu'à fournir l'excuse recherchée et tant attendue pour rejeter toute évidence qui appuierait un mode de vie attentionné, prévenant et empreint de compassion.

Il y a d'autres exemples de dommages générés par des citations condensées, fragmentées ou hors contexte.

NON-SENS ECONOMIQUE ET COMPORTEMENTAL: SOULAGEMENT DE LA FAIM

Les stratégies afin de promouvoir l'adoption du végétarisme tentent fréquemment d'atteindre des cordes sensibles altruistes et spirituelles. L'un des plus puissants de ces appels engage des causes telles que la fraternité humaine, la manifestation d'amour à l'égard de son entourage et les sacrifices personnels au nom de la responsabilité sociale universelle. Chacune de ces causes trouve un terrain commun dans les efforts de diminuer la tragédie de la faim dans le monde, et la noblesse intrinsèque de tels efforts est souvent réduite à des formules toutes faites, simples et faciles à saisir, sur la misère humaine.

Voyez ce qui apparaissait dans un récent appel largement diffusé aux gens afin qu'ils adoptent une diète sans viande:

« Pensez-y: Votre abandon de la viande libérera des céréales et du soya habituellement destinés aux animaux pour nourrir les peuples affamés »

Comparez maintenant ce « clip » de 22 mots avec ce qu'a écrit John Robbins dans son ouvrage remarquable, May All Be Fed, une étude pénétrante et documentée sur les causes de la faim dans le monde.

« Si les Américains réduisaient leur consommation de viande de seulement 10 pour cent, ceci libérerait des terres et des ressources où il serait possible de récolter plus de 12 millions de tonnes de grain annuellement pour la consommation humaine, plus qu'assez pour nourrir adéquatement chacun des 40 à 60 millions d'êtres humains qui mourront de faim cette année sur la planète. »

Dans ce même ouvrage, Robbins prend grand soin de prévenir la simplification à outrance de sa vision, et ajoute :

« Evidemment, ceci ne signifie pas que la faim dans le monde serait résolue simplement du fait que les Américains diminuent leur consommation de viande de 10 pour cent. Il existe de sévères réalités économiques, sociales et politiques qui doivent être considérées. Seulement, cela démontre dramatiquement le sérieux gaspillage de ressources impliqué dans la production de la viande. Et je vous donnerai une garantie: les 80 pour cent de grain américain qui nourrissent le bétail afin de produire de la viande ne parviendront pas aux peuples affamés. »

Lorsqu'un raisonnement soigneusement développé, basé sur des données documentées est banalisé en slogans ou formules « Miracle », une réflexion sérieuse sur des questions vitales fait place au non-sens économique et comportemental.

Les situations de crise de la faim -celles qui inspirent le reportage télévisé complet et enclenchent aussitôt des efforts de charité universelle- sont illustrées par la tragédie des inondations au Mozambique. Des centaines de milliers de gens se retrouvent dévastés par la perte de leurs domiciles, de leurs propriétés, de leurs terres et souffrent épouvantablement de faim. La réponse compatissante du monde est généreuse. Les images de l'émission télévisée montrent une montagne de sacs de riz empilés près des transporteurs aériens « Mercy Flights » qui les ont apportés de partout dans le monde. Malheureusement, il n'y a aucun moyen de donner ce riz aux gens affamés cramponnés à la cime des arbres ou blottis sur de minuscules îlots de terre séchée. Les efforts humanitaires pour atténuer cette terrible tragédie sont contrariés non pas par une insuffisance de provisions mais par un manque de ressources adéquates de livraison. Les problèmes se compliquent d'autant plus que le riz, produit alimentaire de base le plus largement offert dans les cas de crises de la faim, ne peut pas soulager la faim avant d'être cuit dans de l'eau potable, dans des récipients, au-dessus d'un feu alimenté par un combustible quelconque -rien de tout cela n'étant facilement accessible dans un pays ravagé par l'inondation.

Bien que les désastres naturels -et politiques- engendrent la faim, ce n'est vraisemblablement pas pour cette faim que s'adresse la pression faite aux Américains pour « libérer du grain » en ne mangeant plus de viande. Il est tout à fait crucial de reconnaître que « du grain libéré» n'est pas « du grain libre. » Cela signifie du grain accessible à l'achat, d'immenses quantités de « grain libéré, » et pas d'argent pour le payer, ajoute encore au grand nombre de gens affamés.

Regardons un instant l'économie de production du grain. Le Département de l'Agriculture des Etats-Unis rapportait en Octobre 1999: « La récolte extraordinaire de cette année fera grimper les surplus de maïs à près de 2 milliards de boisseaux - plus de 20 pour cent de la production nationale totale - et accroîtra les réserves de blé à 987 millions de boisseaux. » Les fermiers des Etats-Unis ont connu un tel succès en produisant de gigantesques moissons, que la surabondance a fait chuter le prix des céréales tellement bas que de nombreux fermiers font face à la ruine financière. Nous avons déjà d'énormes surplus. Pourquoi ces mégatonnes de céréales ne sont-elles pas utilisées dès maintenant pour nourrir les peuples affamés? La vérité de l'affaire est que les problèmes chroniques de la faim sont rarement causés par un événement global, ou local, de pénurie de céréales. La cause la plus courante de la faim chronique est une combinaison de pauvreté et d'impuissance face à l'avidité.

L'énorme surplus agricole d'aujourd'hui apparaît même après que 80 pour cent des récoltes ont servi à nourrir les animaux. Si les Américains réduisent en plus leur consommation de viande il y aura même, effectivement, un plus grand surplus de blé, de maïs et de fèves soya. Est-ce que cet excédent supplémentaire de céréales et fèves apparaîtra magiquement sur les tables des gens appauvris et affamés de l'Amérique et des pays du Tiers Monde?

Et puisque aucune de ces céréales n'est comestible en sortant du sac, ces gens, souffrant émotionnellement et physiquement épuisés, acquerront-ils miraculeusement l'énergie, le savoir-faire, les appareils à cuisson ainsi que la capacité de cuisiner et de pouvoir consommer ces céréales?

Est-ce que la baisse du prix des céréales provoquée par le surplus de céréales résultera en une diminution des animaux engraissés en enclos? Ou les coûts moindres de nourriture augmenteront-ils la rentabilité -et la quantité- d'animaux élevés pour l'abattage … suivie d'une campagne publicitaire massive « les prix ont baissé: achetez plus de viande »?

Les problèmes de la faim -en situation de crise ou chroniques- sont profonds et complexes, et impliquent de nombreux niveaux et dimensions de culture, de valeurs sociales, de besoins humains, d'éthique, de luttes psychologiques et émotionnelles contre la pauvreté, de questions politiques, géographiques, et plus encore.

Ce qui vient à l'esprit ici est cette observation de H.L. Mencken : « Pour chaque situation compliquée il existe une solution simple - et elle est erronée. »

Nous pouvons conclure notre exploration du non-sens par ces mots:

Faire la promotion de diètes végétariennes en présentant des solutions trop simplifiées à des problèmes hautement complexes est à court et long terme, une stratégie hasardeuse et conduisant à l'effet inverse de celui recherché.

Pour lire la Troisième Partie

Lien: Blood Type Diet Debunked par Michael Klaper, MD

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Voir également
Ce qu'il y a Dans un Nom par le Dr Sapon
Actually Getting the Facts Straight by John Borders, JD

 
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